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Prolifération et transmission des maladies

jeudi 23 janvier 2014

  • Il existe un lien entre les conditions climatiques et le développement des maladies. C’est-à-dire que si les conditions de température ou d’humidité se modifient cela aura un impact sur la propagation des maladies connues.
  • Plus précisément, une augmentation de température peut favoriser le développement et l’activité de certains microbes (bactéries, virus) et augmenter par conséquent le nombre d’infections dues à ces microbes. Par exemple, la salmonellose ou le choléra sont deux infections d’origine bactérienne : il a été observé que lorsque la température augmente de quelques degrés, la prévalence de ces maladies peut être multipliée par 5. [1] Au contraire, la grippe, une infection virale, se développera mieux dans milieu froid et sec car le virus a plus de chance d’y survivre hors d’un organisme. [2] On observe alors des pics de mortalité en hiver, quand le virus connaît une forte prévalence. La France pourrait connaître des hivers plus pluvieux allant à l’encontre de la multiplication d’étés secs, le virus de la grippe pourrait alors perdre de sa prévalence.
  • De nouvelles pathologies pourraient également apparaître. En effet, le réchauffement augmenterait l’activité des micro-organismes, qui muteraient alors plus rapidement, amenant à un nombre croissant de nouvelles maladies.
  • Certaines maladies sont dites vecteurs, c’est-à-dire que les agents pathogènes (microbes, parasites) porteurs de ces pathologies sont transportés par des vecteurs, souvent des animaux de petite taille, des insectes (les exemples les plus répandus étant les moustiques, les puces, les tiques ou encore les mouches) étant en contact avec les humains. La contamination se fait alors par morsure ou piqûre. Le réchauffement climatique pourrait donc bien avoir comme conséquence l’extension des zones où les organismes vecteurs vivent, mais également accélérer la vitesse de maturation des maladies qui se transmettraient alors plus rapidement d’un infecté à l’autre. On parle donc d’un potentiel épidémique. Prenons l’exemple du paludisme aussi connu sous le nom de malaria. C’est une infection transmise par certains moustiques (vecteurs) qui, en 2009, a touchée 225 millions d’être humains et tuée 781 000 de ces malades. On observe qu’à 17°C, le potentiel épidémique est de 0 (l’unité est arbitraire, 0 signifie un potentiel nul et 1, un potentiel très fort), c’est-à-dire que le paludisme ne se transmettra pas. Puis ce potentiel épidémique augmente avec la température. A 20°C, le potentiel épidémique est de presque 0,3. Et à 30°C, il est de 0,9. La maximum est atteint à 32°C, le potentiel épidémique du paludisme dépasse 1. Le paludisme se développe alors très vite et la contagion est très rapide. Puis le potentiel redescend jusqu’à atteindre 0 entre 38 et 39°C. [3]
  • Un autre facteur pourrait affecter le nombre de malades : l’affaiblissement de la résistance de l’organisme provoquée par un durcissement des conditions de vies. Si certaines sources énergétiques viennent à manquer (pétrole, électricité provenant des centrales hydro-électriques), cela compliquerait le transport de nourriture dans certaines zones où un manque d’eau aurait empêché la pousse des cultures. On ne pourrait alors plus éviter l’affaiblissement des personnes en situation de sous-nutrition. De même l’énergie peut servir à chauffer un lieu froid en hiver ou à rafraîchir lors de l’été, cela permet des conditions de vie plus douces pour les organismes bénéficiaires. En fait, un changement des conditions de vie aurait forcément un impact sur la santé et celui qui s’annonce serait négatif.

Portfolio

Nombre de cas de salmonellose en N-Z en fonction de la température entre (...) Nombre de décès causés par la grippe en fonction de la température Potentiel épidémique du paludisme en fonction de la température

Notes

[1Voir portfolio 1, N-Z = Nouvelle-Zélande

[2Voir portfolio 2

[3Voir portfolio 3