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Phénomènes extrêmes

dimanche 19 janvier 2014

  • Les phénomènes climatiques extrêmes sont issus de la variabilité des paramètres climatiques. C’est-à-dire que sur une période donnée et à un endroit précis, la température et/ou le vent et/ou les précipitations sont très éloignés de leur valeur moyenne, ce sont des valeurs dites extrêmes qui entraînent donc des phénomènes extrêmes. Cependant, il est difficile de prévoir formellement l’augmentation de ce type de phénomène dans les décennies à venir car les modèles climatiques tentent encore de prédire les valeurs moyennes des différents paramètres climatiques et ne sont pas encore précis. Autant dire que prévoir des phénomènes irréguliers dans le temps, sortant des valeurs normales et parfois de petite taille (comme les tornades) n’est pas encore à la portée des modèles climatiques actuels.
  • En revanche, on peut tenter de comprendre l’évolution générale future des paramètres causants ces phénomènes, si ces paramètres varient de manière plus forte qu’auparavant, alors on pourra supposer que les phénomènes extrêmes seront plus fréquents et plus violents.
  • Voici les phénomènes entrant dans la catégorie extrême et pouvant être modifiés par la changement des paramètres climatiques :
  • Les cyclones [1] se forment lorsque la température de l’eau de surface d’une partie d’un océan ou d’une mer atteint ou dépasse 27°C. En effet, plus l’eau est chaude, plus sa capacité à s’évaporer est forte et rapide. À un certain seuil, le cyclone se forme. [2] Or la température des océans tropicaux (les seuls assez chauds pour pouvoir créer des cyclones) pourrait s’élever d’1 à 2°C. Cela va agrandir la zone de naissance des cyclones. L’incidence sur le nombre de cyclones n’est pas encore connue. En revanche, les cyclones devraient s’intensifier car le mouvement de l’air mis en place par la dépression est plus puissant si la différence de température de l’air entre la surface et la haute atmosphère est grande. Or, l’émission anthropique, maintenant interdite, de CFC détruit les molécules d’ozone. L’ozone est le gaz présent dans l’atmosphère qui absorbe les UV et réchauffe par conséquent l’air l’environnant. Sa disparition progressive entraîne alors un refroidissement de la haute atmosphère. Ce refroidissement associé au réchauffement de la surface entraînerait donc un puissant mouvement de convection, créant ainsi des cyclones plus violents et plus dévastateurs. Le réchauffement des eaux de surface ayant déjà commencé, ses effets se font déjà ressentir sur la puissance des cyclones. En effet, on constate que l’énergie libérée par les cyclones depuis 1980 a doublé. De plus, on observe que le pourcentage de cyclones puissants semble augmenter. Dans la période 1970-1975, 17 % des cyclones étaient de catégorie 4 ou 5 (les deux catégories les plus fortes). Dans la période 2000-2005, le pourcentage de cyclone de 4 ou 5ème catégorie est monté à 35 %. [3] Par conséquent, on ne peut pas être très optimiste quant à la suite des évènements puisque les océans devraient continuer à se réchauffer pour une période indéterminée.
  • Les tempêtes se produisent lors de la rencontre de deux masses d’air ayant une grande différence de température et d’humidité. Une dépression se créée alors, l’air humide en montant se condense et devient les futures précipitations. La différence de pression entre la tempête et l’extérieur provoque l’arrivée de vents puissants qui peuvent être dévastateurs. [4] Les simulations montrent que les masses d’air ne se réchaufferont pas de manière homogène, l’air situé au sud du Groenland sera peu affecté par l’élévation des températures. En revanche, l’air situé au sud de l’Europe se réchauffera de manière significative. [5] Un plus fort contraste de températures donnerait donc naissance à des tempêtes plus violentes, aux vents plus forts, situées en Amérique du Nord et en Europe.
  • Les inondations [6] sont directement liées aux précipitations, plus particulièrement, à leur intensité et à leur nombre. On observe déjà une modification de l’intensité des précipitations, c’est-à-dire que l’on calcule le pourcentage de précipitations tombées les jours de forte pluie par rapport au total de précipitations tombées sur une certaines durée. Un épisode pluvieux est dit de forte pluie lorsque les quantités d’eau tombant par jour sont supérieures à celles tombant pour 95 % des épisodes pluvieux. Sur la période 1960-1990, les fortes pluies ont représentées, en moyenne, 22,5 % du total des précipitations. Depuis, ce pourcentage ne cesse d’augmenter, en 2000, 23,5 % du total de précipitations provenait d’épisode où la pluie était intense. [7] Cela nous permet donc de comprendre que le nombre de précipitations intenses, à l’échelle du monde, croît. Les zones les plus touchées devraient être celles où les précipitations devraient augmenter à l’avenir, comme l’Europe du Nord. Les inondations devraient donc être plus nombreuses, surtout s’il l’on considère que le phénomène observé est dû au changement climatique et que le changement climatique devraient s’amplifier ou au moins continuer.
  • Les sécheresses [8] sont caractérisées par un déficit d’eau. En effet, un manque de précipitations qualifié de sécheresse météorologique peut entraîner une sécheresse agricole, c’est-à-dire que la partie superficielle du sol (jusqu’à 1 ou 2 m) s’assèche altérant le développement des végétaux. [9] Les sécheresses agricoles peuvent également résulter d’une trop faible humidité ou d’une trop forte chaleur. Les sécheresses météorologiques peuvent aussi être responsables des sécheresses hydrologiques caractérisées par l’assèchement des cours d’eau, des lacs et des nappes souterraines. Ce sont les anticyclones qui pourraient être responsables du manque de précipitations. En effet, si la masse d’air anticyclonique stagne au-dessus d’une même zone, elle empêche l’arrivée de dépressions apportant leur lot de précipitations. Le problème est qu’une moins grande différence de température entre les régions froides et les régions chaudes (les régions polaires se réchauffent plus vite que les autres) ralentit la circulation des masses d’air. Donc, les masses d’air anticycloniques pourraient arrêter les précipitations sur une zones pendant de plus longues périodes. A l’avenir, les sécheresses devraient être plus longues et pourraient également être plus étendues. L’évolution devrait être plus marquée et visible dans les zones humides actuelles.

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Vue satellitaire du cyclone Ivan Formation d'un cyclone Évolution du nombre et du pourcentage de cyclones en fonction de leur (...) Dégâts provoqués par les vents violents de la tempête de 1999 Différents scénarios de l'évolution de la température par rapport à la (...) Inondation spectaculaire en Thaïlande Contribution en pourcentage des épisodes très pluvieux sur la quantité totale (...) Craquelures d'une terre totalement déshydratée pendant une sécheresse en (...) Sécheresse agricole du maïs

Notes

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