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Modification de la circulation marine

mardi 21 janvier 2014

Le phénomène :

  • Il existe deux types de courants marins :
    - Les courants océaniques dits horizontaux comme le Gulf Stream ou le courant du Labrador, sont mus par la force des vents. Ils déplacent des masses d’eaux vers différents océans de la planète.
    - Existe également les courant dont la circulation est verticale et s’établit entre la surface et les profondeurs. Leur mouvement est dû à la différence de température et de salinité (teneur en sel ) des différentes couches océaniques. L’eau froide est plus dense que l’eau chaude et l’eau salée l’est plus que l’eau douce, et donc elles descendent sous les couches d’eau moins denses et deviennent des eaux profondes. Ces courants portent le nom de thermohalins. [1]
  • Le principal courant thermohalin est en mer de Norvège (mais il en existe un autre en mer de Weddell). Le Gulf Stream emmène des masses d’eaux venant de l’Atlantique Sud jusqu’à l’Atlantique nord. Ces masses se refroidissent dans les hautes latitudes et se chargent en sel à cause de l’évaporation, elles deviennent donc plus denses. Lorsque l’hiver arrive vers le Pôle Nord, une partie de l’eau salé gèle libérant ainsi le sel qu’elle contenait qui salifie l’eau déjà dense et salée qui n’a donc pas gelé. Cette eau devient tellement dense qu’elle plonge vers les profondeurs aspirant ainsi l’eau de l’atlantique situé au sud qui vient se placer plus en surface. [2] Ce courant thermohalin joue donc un rôle moteur qui permet d’activer la circulation océanique mondiale.
  • Voici une expérience réalisée par nous mêmes afin d’illustrer la circulation thermohaline.
  • Or, si le réchauffement de la Mer du Nord devenait particulièrement marqué, l’eau de surface plus chaude aurait donc tendance à devenir moins dense. De plus, l’eau formant la banquise en hiver gèlerait donc plus difficilement, la concentration en sel de l’eau serait donc moindre. Ces deux problèmes causés par le réchauffement ralentiraient fortement les courants thermohalins en agissant sur la densité de l’eau. Cette circulation verticale ainsi freinée, ce serait donc toute la circulation océanique, en particulier l’Atlantique, qui se retrouverait ralentit voir stoppée dans un cas extrême.

Les conséquences du phénomène :

  • Le fort ralentissement du Gulf Stream pourrait avoir une grande influence sur les températures et la pluviométrie surtout en Europe et sur la côte Est de l’Amérique du Nord. En effet, jusqu’à maintenant le Gulf Stream, en faisant remonter l’eau chaude se surface vers l’Atlantique Nord, a permis de transférer une partie de la chaleur présente vers l’équateur jusqu’aux régions plus nordiques de l’Atlantique et permettre ainsi une augmentation de la température en Europe et sur la côte Est de l’Amérique du Nord. En particulier, des hivers plus doux. La conséquence directe du ralentissement de la circulation océanique serait donc un refroidissement brutale, en seulement quelques décennies, des régions actuellement bénéficiaires du Gulf Stream. Les hivers seraient alors plus rigoureux et la température moyenne pourrait baisser de 4°C. [3]
  • Lorsque les eaux profondes issues de la circulation thermohaline remontent à la surface, elles restituent en partie le CO2 à l’atmosphère. Le ralentissement de cette circulation verticale augmenterait donc la concentration de dioxyde de carbone dans l’océan. Ainsi, cela pourrait participait à l’acidification des océans.
  • Le refroidissement brutale de l’Atlantique Nord pourrait provoquer la disparition d’espèces aquatiques adaptées aux eaux tempérées qui ne survivraient pas à ce changement soudain.

Portfolio

Les courants marins, en bleu les plus profonds et froids, en rouge les plus (...) Plongée des eaux froides en mer de Norvège (le 1 de la carte) Rôle du Gulf Stream aujourd'hui et conséquence de sa déviation

Notes

[1Voir portfolio 1

[2Voir portfolio 2

[3Voir portfolio 3